François-Marie Ferré

François-Marie Ferré n’est pas un type simple. Si vous lui demandez « Comment ça va ? », comme ça, par politesse ou par inadvertance, il vous racontera vraiment comment il va ! Trop tard, vous n’aurez plus qu’à poser une demi-journée d’ARTT ! Il vous racontera que ce matin, au petit-déjeuner, il s’est préparé des pancakes au beurre de cacahouète. Que les pancakes lui ont rappelé un motel américain, sur le bord d’une route poussiéreuse, avec une Suzy rousse, un petit tablier blanc noué sur sa blouse bleue, lui servant de grands bols de café. Que le beurre de cacahouète lui a rappelé Jimmy Carter, puis le Viêt-Nam et les GI, puis le flower power et que, depuis, passe en boucle dans sa tête « If you're going to San Francisco, be sure to wear some flowers in your hair… ».

Allez savoir pourquoi ! Mais lui il le sait. Enfin, on ose espérer pour lui qu’il le sait… De son passé universitaire, un Master en littérature européenne et une recherche sur « l’évolution de l’image de la résistance, de la collaboration et de la responsabilité allemande dans les prix littéraires français de 1944 à 1949 », il lui subsiste un léger syndrome de Gilles de la Tourette qui le propulse dans des embardées lyriques au détour d’une histoire simple : un natif du Capricorne achetant un croissant en allégeance à l’augure des astres, ou un égoutier foudroyé par une crise d’abandonnite à deux jours de Noël.

Pourtant, la journée il enseigne le management dans une grande école internationale ou conseille les dirigeants des entreprises sur le développement des compétences et des carrières de leurs collaborateurs. Mais, pour rencontrer un éditeur, il ne refuse pas pour autant le secours des prières de son ami évangéliste américain. Et pour imaginer une histoire de sirène experte en sms, il se retire dans un pmu dont le patron a fait argomuche du louchébem en seconde langue vivante. Non, François-Marie Ferré n’est pas un type simple.